Résurrection

16oct11

Ô toi, mon ange, qui m’abandonnait
À l’aube de l’âge qui ne sait
Ni comment vivre, ni comment aimer.
Toi qui revient, à l’heure de grâce, me hanter.

Toi, mon ange qui, sur mon cœur, s’est penché,
Une nuit d’encre annonçant la rosée.
Toi qui, devant la lune, m’a chuchoté
Qu’au lendemain, je devais enfanter.

Toi, mon ange qui, dans mon âme a chanté
Que le fruit de notre arbre m’attendait.
Par ce doux rêve que tu m’as soufflé,
Je revois les images qui m’ont bouleversé.

Une fleur éclose, bourgeon nouveau-né,
Ma peur qui s’oppose, farouche et dressée,
Puis s’évanouit devant le bonheur insensé,
Qu’un jour, une vie viendra me combler.

D’où je regarde, je n’ai plus de part ombragée.
Mon noir s’est dissout au fil des années.
La vois-tu donc, mon ange, l’étincelle des fées
Répandre en moi la lueur des vœux exaucés ?

Toi, mon ange, depuis le début, qui savait
Que l’on n’obtient rien de moi, ni par le fouet,
Ni par les “il faut” ou la “normalité”,
Qu’à l’horloge impatiente, je tends mon épée.

Toi, mon ange qui, depuis l’aube, me connait,
Tu as su me laisser grandir dans ma vérité.
Tu m’as laissé crier, rire et pleurer,
Pour finalement revenir me confier un secret.

Je t’ai écouté, mon guide bien-aimé.
Je chante ton retour d’une nuit étoilée.
Ta litanie, au-delà du ciel, qui m’a emportée
Rejoindre le rêve qui décidément me manquait.

Ô toi, mon ange, m’aurais-tu donc sauvé…

Dido,
Août 2011


Mon ange

14oct11

 

Où est donc passé mon ange,
Mort depuis des années,
Et qui jamais ne se venge,
De l’avoir un jour tué.

Où est passé mon ange,
Mon bourreau, mon idole, mon allié,
Qui fit une nuit son échange
Contre mon atroce médiocrité.

Où est passé mon ange,
Tantôt chien, tantôt loup,
Qui plus jamais ne me dérange
De ses ordonnances ou de ses coups.

Où se cache mon ange,
Cette parole, ce complice,
Chuchotant à mon âme des louanges,
Pour que jamais le noir de s’y enlise.

Où est passé mon ange ?
Lui aurais-je donc prié de se taire ?
O tristesse, qu’entends-je ?
Arrosez-moi d’indigence, que je m’y enterre !

Qu’ai-je donc fais de mon ange,
Que j’en recueille les cendres,
Pour les confier aux mésanges
Et ne jamais les leur reprendre…

 

Dido
2004


Il y a de ces œuvres qui nous changent à jamais. Elles touchent le fond de notre âme et en soulèvent la poussière. On se prend alors à chuchoter : “Tiens, tu es là toi ?” À lui, le rêve que l’on a d’être grand.


Que m’a-t-elle donc laissé
La verve qui, jadis me houspillait
Que l’argent, c’est pour les cons,
Que la vie, c’est pas qu’le pognon ?

Où est passé ce refrain,
La chanson qui faisait mon pain
Et tenait place dans ma tête,
Exultant sa rage jusqu’aux miettes ?

Je le voyais mon avenir,
Sans requins ni fakir.
Que d’amour et d’eau fraîche,
Que de coeurs et de flèches.

Aujourd’hui, j’ai le costume, j’ai le posthume,
J’ai la liasse, j’ai le bitume,
J’ai l’auto, j’ai la maison,
J’ai toutes ces heures où j’me sens con.

Du coup je veux et je dépense.
Alors j’ai et j’me dépense
Dans ce système qui m’dépasse,
Dans cette vie qui m’trépasse.

Je ne vois plus, je ne sens plus.
Je n’ai plus d’jus, qui l’aurait cru.
Certainement pas le moi d’autrefois,
Que j’ai trahi comme un judas.

Aujourd’hui, je piétine les flocons
Et les fleurs, c’que j’peux être con !
J’me fous bien du sort des autres,
Tant qu’à la fin ça me rapporte.

J’ai oublié ce que j’étais.
Je me suis laissé embobiner
Par les pubs, les affiches,
La télé puis les pastiches.

J’avance dans la boue
De mon erreur, de mes sous-sous.
Je suis superficiel
Mais je m’en vais prier le ciel.

Je n’entends plus mais je veux plus.
Je suis aveugle et pas Crésus.
J’ai peut-être raté ma vie,
J’ai contracté trop de crédits.

La nature et la planète,
Tout ce bordel qui m’prend la tête !
Moi je veux des objets,
Moi je veux posséder.

Je ne sais plus réfléchir,
C’est trop d’effort à fournir.
Je veux le portable et le Mcdo,
J’m'en fous du reste, j’en ai plein l’dos !

Le bonheur, pour quoi faire ?
Quelques zéros, ça f’ra l’affaire.
J’ai vendu mon âme, c’est trop tard.
Oubliez-moi, tas de cafards.

Dido
13 janvier 2011

Suite de la vidéo de Mr Mondialisation “Le travail, pourquoi ?” :

Autre lien de Mr Mondialisation “Nouvel ordre mondial” :


Face-à-faces

13jan11

 

Un jour, j’ai dit à un puissant :
“La gloire est bien menue quand on ne prend
Ni le temps de voir ni le temps de rire.
Elle expire quand du rien l’on s’inspire.”

Il m’a répondu : “mon être entier te défie
De ne jamais oublier le sel de la vie,
De ne jamais cracher sur injustices et peine,
Quand, de toutes tes heures la rage fut reine.”

Un jour, j’ai dit à la nature :
“Ta seule beauté est ton armure.
Nous finirons par craindre tes lendemains,
Nous apprendrons à lire notre destin.”

Elle m’a répondu : “vous, êtres perdus
Ignorez la valeur du temps échu.
Vous vivez en hâte et jamais ne saisissez.
L’heure venue, je n’aurai de pitié.”

Un jour, j’ai dit à mon tourment :
“Cesse donc d’empiéter sur mon couchant.
Va noircir un autre tableau,
Libère mon ardoise, que j’y vois à nouveau.”

Il m’a répondu : “je suis bienséant,
Je viens là où l’on m’invite. Ce faisant,
Décide toi-même de ton chemin. Et bien ?
Auras-tu le pas léger ou sibyllin ?”

Un jour, j’ai dit à un tueur :
“D’où vient cette démence enfantant ta fureur ?
À l’orée de ton âme n’ourdit donc pas ta conscience
Que le temps pour toi n’aura pas de clémence ?”

Il m’a répondu : “à quel avenir me vouer,
Quand, sur le lac des heures, je ne suis que ricochet.
Les jours vous engloutissent, moi je les survole,
Car toutes vos bonnes règles, moi, je les viole.”

Un jour, j’ai dit à un vieillard : “
Qu’espères-tu à veiller si tard ?
La vie ne t’offrira plus sa vigueur
Ni l’amour ses élans du coeur.”

Il m’a répondu : “est-ce par mes sillons
Que tes yeux m’envoient ce chardon ?
Sur ma peau le temps a jeté l’ancre.
Mais dans mon coeur, la vie coule encore son encre.”

Un jour, je dirai à mon enfant :
“De toute part, écoute et apprend.
Le temps n’a d’aloi que dans nos actes.
Que les tiens aient toujours le plus bel impact.”

Il me répondra : “je m’empare du soleil levant.
Ma vie n’a pas encore tissé sa toile, cependant,
Il est dores et déjà une vérité :
L’homme que je suis ne sera jamais parfait.”

 

Dido
début 2010




Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.